Gilbert Coullier : “Johnny est dans une forme éblouissante”
Trois ans après le Tour 66, sa tournée d’adieu inachevée, Johnny Hallyday a repris la route. Avant son passage à l’Aluna Festival et au Palais des sports de Grenoble, entretien-vérité avec son producteur, Gilbert Coullier, qui n’élude aucune question. Pour faire taire les polémiques.
- Franchement, il est dans une forme éblouissante et cela s’est vu lors des trois concerts du Stade de France. Ce spectacle, c’est sans nul doute le plus beau depuis de nombreuses années. Il faut dire que nous y avons mis les moyens ! Au-delà de la performance vocale et physique de l’artiste, saluée par tous, il y a les nombreux effets spéciaux, une entrée en scène incroyable, des jeux de lumière… Et Johnny, à 69 ans, quelle présence sur scène !
- On fait ici un mauvais procès. Nous avons eu exactement 151 000 spectateurs sur les trois concerts du Stade de France. 150 000 spectateurs, c’est ni plus ni moins l’équivalent de trois mois d’Olympia à raison de six jours par semaine. Si nous l’avions fait, on aurait parlé de triomphe. Et là, on focalise sur les 20 000 billets qui manquent sur les trois jours du Stade de France… Aujourd’hui, il faut le savoir, des artistes comme Madonna ou Lady Gaga ne remplissent pas un stade. Nous, sur l’ensemble de la tournée, plus de 700 000 spectateurs auront, au final, vu un concert. Quand on fait plus de 80 % de remplissage sur des lieux emblématiques, on peut être fier.
- J’essaie d’avoir un certain détachement par rapport à cela car ce n’est pas la première fois que Jean-Claude Camus dit des choses, disons, désagréables. À force de trop en faire, on finit par ne plus être crédible et c’est ce qui arrive à Jean-Claude Camus.
Moi, je vois la réalité : on fait une tournée exceptionnelle avec trois dates au Stade de France, Johnny est en forme et toutes les critiques sont unanimes pour dire que le show est sensationnel. Après, qu’il y ait des jaloux qui distillent des informations erronées par voie de presse, c’est la vie… J’essaie de ne plus trop en parler car, au final, c’est entretenir la polémique.
- Nous n’avons pas prévu le stade des Alpes pour la simple et bonne raison que Grenoble est proche de Lyon et Genève, qui ont aussi des stades. Cela m’a semblé un peu “lourd” sur une zone géographiquement proche. Entre-temps, Guy Chanal (directeur du Palais des sports, NDLR) m’a convaincu de venir. J’en suis fier, tout comme Johnny qui est heureux de venir à Grenoble et au Palais des sports.
- C’est vrai et je me rappelle encore très bien du premier spectacle que j’ai organisé pour lui. C’était à Rouen le 28 mars 1975… Ensuite, je me suis associé avec Jean-Claude Camus de 1977 à 1990 où nous avons produit les tournées de Johnny. En fait, lui et moi, on n’a jamais arrêté de se voir même après 1990, date à laquelle j’ai créé ma propre société de production. Lorsqu’il a mis fin à sa collaboration avec Camus, il lui fallait trouver un autre producteur et il a tout naturellement fait appel à moi. Il ne voulait pas aller vers une multinationale, comme Warner, mais plutôt garder un producteur indépendant. Il m’a choisi et j’en suis heureux.
- Je réponds que cela n’en est pas un car je n’ai pas cherché à être à tout prix son producteur. Mais quand on vous propose de travailler avec Johnny Hallyday, ça ne se refuse pas… --------